CES VICTOIRES QUI MÉRITENT D’ÊTRE CÉLÉBRÉES 2022

Pour lutter contre les injustices, c’est ensemble que nous avons le plus de pouvoir. La preuve : ces victoires remportées en 2022. Face à la morosité ambiante et au flot de mauvaises nouvelles qui nous inonde, elles méritent d’être célébrées ! 

Tout au long de cette année, le travail déterminé d’Amnesty International, en matière de campagnes, de plaidoyer et de sensibilisation, a contribué à obtenir des résultats positifs pour des personnes partout dans le monde dont les droits humains étaient bafoués. Des personnes injustement détenues ont été libérées de prison. Des auteurs de violations des droits humains ont dû rendre des comptes. Des lois et des résolutions essentielles ont été adoptées par des gouvernements au niveau national et international. La cause de l’abolition mondiale de la peine de mort a continué de progresser  

Tour d’horizon des victoires à célébrer, obtenues en 2022 en matière de droits humains. 

« WE MADE IT ! » : DES PERSONNES INJUSTEMENT DÉTENUES ONT ÉTÉ LIBÉRÉES DE PRISON 

Bernardo Caal Xol, au Guatemala. © Simone Dalmasso

Le travail que mène Amnesty International a contribué à obtenir la libération de différentes personnes à travers le monde, à rendre justice à des familles et à amener les responsables à rendre des comptes.

En Afghanistan, le professeur Faizullah Jalal, maître de conférences à l’université, a été libéré en janvier après avoir été arrêté et détenu arbitrairement par les talibans. 

Hejaaz Hizbullah, avocat sri-lankais et prisonnier d’opinion reconnu par Amnesty, s’est vu accorder une libération sous caution en février, après avoir passé près de deux ans en détention provisoire en vertu de la loi draconienne relative à la prévention du terrorisme (PTA). Deux autres prisonniers incarcérés au titre de cette loi, Ahnaf Mohamed Imran et Divaniya Mukunthan, ont également été libérés sous caution en août et septembre respectivement.

Ramy Shaath, le militant égypto-palestinien a vécu l’année 2022 en homme libre. Ce célèbre opposant politique et défenseur des droits humains en Egypte a été arrêté arbitrairement et détenu dans son pays pendant deux ans et demi. Dès sa libération, en janvier 2022, il a remercié toutes les personnes qui se sont mobilisées pour lui : « Chacun de vos mots, chacune de vos lettres m’ont énormément apporté. Moralement mais aussi politiquement. Les autorités ne pouvaient pas ignorer que le monde les regardait. ». Le combat continue aujourd’hui pour tous les opposants injustement emprisonnés en Égypte.   

Au Soudan du Sud, Magai Matiop Ngong a échappé à la peine de mort. Il avait été condamné à la peine capitale à l’âge de 15 ans, en 2017. Plus de 700 000 actions ont été menées dans le monde entier en sa faveur lors de notre grande campagne des « 10 jours pour signer » de 2019. Il a finalement été libéré en mars dernier. Un grand soulagement !

Magai Matiop Ngong célébrant sa libération au bureau régional d’Amnesty, au Kenya, 5 avril 2022.

Au Guatemala, Bernardo Caal Xol, défenseur maya des droits des populations autochtones et de l’environnement, a été incarcéré pour des accusations forgées de toutes pièces en lien avec ses activités militantes. Plus d’un demi-million d’actions ont été menées en faveur de la libération de ce prisonnier d’opinion dans le cadre de notre campagne phare « 10 jours pour signer » de 2021. Une mobilisation payante : Bernardo a été libéré en mars dernier.

Le mois d’août a été marqué par la libération de l’enseignant Hriday Chandra Mondal, arrêté au Bangladesh pour avoir parlé de la différence entre science et religion dans ses classes. Toutes les accusations portées à son encontre ont été abandonnées par la suite.

En Russie, l’artiste Loulia Tsevtkova  risquait jusqu’à six ans de prison pour de simples dessins de corps de femmes et de vulves sur les réseaux sociaux. Grâce à une large mobilisation, l’artiste russe de 29 ans a finalement été acquittée en novembre dernier. Une décision d’autant plus réjouissante qu’elle est un exemple rare de justice dans la Russie actuelle, qui a par ailleurs approuvé le 24 novembre dernier une loi durcissant l’interdiction de la « propagande » LGBTI.  

En Turquie, l’annulation de la condamnation de quatre défenseur·e·s des droits humains, en procès depuis 2017, a été un immense soulagement. Parmi eux, Taner Kılıç, président honoraire d’Amnesty Turquie, et Idil Eser, ex-directrice d’Amnesty Turquie. Tous deux membres fondateurs d’Amnesty International Turquie, ils jouent depuis vingt ans un rôle crucial dans la défense des droits humains dans leur pays. Cinq ans après leur emprisonnement, ce jugement met fin à une parodie de justice et révèle l’objectif à caractère politique de ces poursuites : se servir des tribunaux comme d’une arme pour faire taire les voix critiques. Cette bonne nouvelle ne nous fait pas oublier les nombreux défenseur·e·s des droits humains qui croupissent en prison, vivent dans la crainte d’être arrêtés ou font l’objet de poursuites infondées en Turquie. 

DES AUTEURS DE VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS ONT DÛ RENDRE DES COMPTES 

Manifestation pour demander justice après le décès de la journaliste d’Al Jazeera Shireen Abu Akleh, tuée lors d’un raid israélien à Jénine, en Cisjordanie occupée, à Jérusalem, le 11 mai 2022. © Ammar Awad / REUTERS

En janvier, un tribunal allemand a condamné Anwar Raslan ancien responsable des services de renseignement syriens, à la réclusion à perpétuité pour crimes contre l’humanité. Il a notamment été reconnu coupable de tortures, meurtres et viols de détenus dans la « Branche 251 », un centre de détention géré par le renseignement militaire à Damas. Un verdict historique et une victoire pour les familles des victimes de ce bourreau.  

Au Malawi, au mois d’avril, justice a été rendue à MacDonald Masambuka, un homme atteint d’albinisme, lorsqu’un tribunal a déclaré 12 hommes coupables de son assassinat en 2018.

En juin, un tribunal a enfin rendu une justice partielle pour le meurtre, en 2016, de Berta Cáceres, défenseure des droits de l’environnement et des populations autochtones : David Castillo a été condamné à une peine de prison en tant que co-auteur de son assassinat. Nous continuons à nous mobiliser pour que les autres responsables du meurtre de Berta Cáceres soient traduits en justice.

Berta Caceres sur la berge de la rivière Gualcarque, dans la région du Rio Blanco, dans l’ouest du Honduras.

En novembre, le Bureau fédéral d’enquête des États-Unis (FBI) a informé le gouvernement israélien qu’il mènerait une enquête sur l’homicide, en mai, de la journaliste palestino-américaine Shireen Abu Akleh par un soldat israélien.

LA LUTTE POUR L’ABOLITION MONDIALE DE LA PEINE DE MORT A CONTINUÉ DE PROGRESSER

Mobilisation contre la peine de mort durant le campus de Carcassonne, en France, en 2022. © Amnesty International

Notre combat en faveur de l’abolition mondiale de la peine de mort est historique. En 2022, il a connu de nouveaux succès, toute une série de pays ayant aboli ce châtiment ou pris des mesures significatives dans cette voie. 

L’abolition de la peine de mort pour tous les crimes est entrée en vigueur au Kazakhstan en janvier.  

La Papouasie-Nouvelle-Guinée lui a emboîté le pas en avril, abrogeant ce châtiment trente ans après sa réintroduction. Puis la République centrafricaine en juin, la Guinée équatoriale en septembre et la Zambie en décembre.

La tendance vers l’abolition universelle de la peine de mort se confirme donc : 143 pays ont aboli la peine de mort en droit ou en pratique. Des pays restent encore à convaincre, le combat continue !

DES LOIS ET DES RÉSOLUTIONS ESSENTIELLES ONT ÉTÉ ADOPTÉES PAR DES GOUVERNEMENTS

Une militante pour les droits humains en Espagne. © Jose Carlos Ichiro pour Westend61 / Getty

Le travail d’Amnesty International a contribué à l’adoption de lois et de résolutions essentielles, mais aussi à ce que les entreprises prennent plus au sérieux leurs obligations en termes de droits humains et soient amenées à rendre des comptes. 

En Inde, la Cour suprême a remporté une victoire pour la protection et la promotion du droit à la liberté d’expression en suspendant la loi relative à la sédition datant de 152 ans

Aux États-Unis, une loi sur les violences par armes à feu, pour laquelle Amnesty International États-Unis et ses partenaires faisaient campagne depuis longtemps, a été adoptée. 

Au Sahel, notre travail de plaidoyer pour protéger les enfants dans les zones de conflit du Niger s’est traduit par un renforcement de la surveillance de la situation par l’ONU. En juillet, le secrétaire général de l’ONU a demandé à sa représentante spéciale de « promouvoir une capacité de surveillance renforcée dans la région du Sahel central », qui couvrirait la région tri-frontalière du Niger – l’une des principales recommandations de notre rapport paru en septembre 2021. 

À notre demande, les autorités de Sierra Leone ont invité la société minière Meya, qui déploie ses activités dans le district de Kono, à répondre à nos préoccupations quant à l’impact négatif de ses activités sur les populations locales. La société a répondu qu’elle était engagée dans diverses actions visant à améliorer la sécurité des populations et l’accès à l’eau potable pour les habitant·e·s. 

Au Myanmar, grâce à notre enquête établissant un lien entre la chaîne d’approvisionnement en carburant d’aviation et des crimes de guerre commis par l’armée, plusieurs entreprises ont annoncé leur retrait des ventes de kérosène à ce pays.  

L’Union européenne est parvenue à un accord politique sur la Loi sur les services numériques (Digital Services Act, DSA). Ce cadre réglementaire historique obligera, entre autres, les plateformes des géants technologiques à évaluer et gérer les risques systémiques posés par leurs services, tels que l’incitation à la haine et la diffusion de fausses informations. 

Des progrès notables ont également été enregistrés en matière de justice environnementale : l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution sur la reconnaissance universelle du droit à un environnement sain.

En 2023, le combat continue !  

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